UN CUL-DE-SAC À ROME

  • UN CUL-DE-SAC À ROME

Cul-de-sac kyd.sak Nom commun (populaire) signifiant une rue en impasse. Au sens figuré et familier, ce terme représente une situation bloquée qui ne conduit pas à une amélioration, qui ne présente aucun moyen d’avancer. En italien cela donne « un vicolo cieco ».

Rome ne manque pas de petites ruelles sans issue où les touristes aiment se perdre. La ville éternelle fourmille de lieux insolites, d’églises somptueuses et de petites trattorias, cachés au détour d’une «piazza ». A deux pas du corso Vittorio Emanuele, près de la fameuse Piazza Navona, le restaurant Cul-de-sac n’est pourtant pas difficile à trouver. En plein coeur de ce « musée à ciel ouvert », on pourrait craindre un énième attrape-touriste, où l’on vous promet la recette originale de la pasta alla carbonara avec en guise de qualité, l’éternelle photo d’Alberto Sordi dans le film un américain à Rome, affichée sur le menu. 

A l’entrée de ce cul-de-sac d’un nouveau genre, un boulevard de clients forme un bouchon. Les queues devant les restaurants n’ont jamais été un gage de qualité mais à Rome, une trattoria vide ne peut être qu’un trompe-l’oeil.

Il faut dire que les deux façades de bouteilles de vin, qui tapissent l’intérieur de ce cul-de-sac, attirent les regards des passants et retiennent toute notre curiosité. A l’intérieur, peu de tables, ordonnées comme dans un wagon bar, laissant l’aller centrale comme seule issue vers l’extérieur.

A la carte, on s’éloigne heureusement de la restauration ferroviaire. Excellent pâté de foie de volaille au cognac pour calmer les ardeurs d’une faim sans attente, puis un plat de ravioli pour faire honneur à la patrie qui nous accueille avant de passer aux choses sérieuses. Des tripes à la romaine. Débarque alors dans une assiette creuse, un plat qui en a dans le ventre. La profondeur d’un tableau d’Annibale Carracci, un savant mélange de textures entrelacées, et l’irrépressible envie d’y plonger sa fourchette. Si vous aimez les tripoux ne faites pas l’impasse sur cette ligne du menu.

Quels breuvages pour tenir compagnie à cette cuisine réconfortante ? Au carrefour liquide du cul-de-sac, il faut avoir un sens aigu de l’orientation. Les directions vinicoles sont nombreuses et il vaut mieux demander sa route au jeune serveur pour ne pas se perdre. Tous les chemins mènent à Rome, nous boirons donc local, un vin blanc bio pour commencer, Abelos, bien fait, rond et charmeur, puis un canon de rouge « animal » sans prétention, Mulocesanese, pour finir sur une très belle syrah de Stephano Amerighi qui nous fera très vite oublier ses prédécesseurs. Il arrive parfois que la ligne droite ne soit pas toujours le trajet le plus court pour atteindre son but…

On refuse poliment le plateau de fromages pourtant alléchant pour faire une place de choix au tiramisu. Il fallait un dessert à la hauteur pour nous permettre de repartir, le tiramisu (littéralement « tire-moi vers le haut » en italien), nuage de douceur nappé de café, nous éleva vers nos lits et un repos bien mérité.

Un doux sommeil après un bon dîner, où l’on s’éprend à rêver de projets à la grandeur de cette ville. Rome, ses trattorias, ses églises et cette incroyable douceur de vivre. Et si nous présentions notre candidature à la Villa Médicis ? S’il n’y a plus de place dans les appartements d’artistes qui domine la Caput Mundi, je suis prêt à passer un an dans un cul-de-sac si mais frais de bouche son remboursés par le gouvernement français. Représenter son pays à l’étranger à un prix.

Cul-de-sac Piazza Pasquino 73, 00186 Rome. +39(0)668801094


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