DEPARDIEU, À PLEINES DENTS

  • DEPARDIEU, À PLEINES DENTS

Le bon plan du mois n’est pas un restaurant, ni un hôtel ou une recette mais bien une série TV diffusée sur Arte, mettant en scène Gérard Depardieu et le chef Laurent Audiot.

La gastronomie à la télévision, un genre usé jusqu’à la corde me direz-vous. De Top Chef, à Masterchef, en passant par Cauchemar en cuisine ou Le Meilleur pâtissier...La cuisine fait recette sur le petit écran, jusqu’à l’overdose. Alors que diable, l’insatiable Depardieu, est-il allé faire dans cette nouvelle galère ?

On le sait prêt à tout, incontrôlable, provocateur, parfois décevant mais souvent génial, pointant un doigt d’honneur à rester libre.

On le pense en Russie avec Poutine, en Belgique dans son nouveau fief fiscal et on retrouve l’apatride Depardieu au plus profond de la France qu’il a fuie, en Bretagne et au Pays Basque, mais aussi en Ecosse et en Italie, parti à la rencontre de producteurs, de leurs produits, de leurs terroirs et de leurs cultures.

Toujours là où on ne l’attend pas mais égal à lui même, on retrouve notre Gérard national en compagnie de son ami le Chef Laurent Audiot (La Fontaine Gaillon à Paris), dans un périple gastronomique plus proche de la grande bouffe que du grand restaurant.

« Ça se mange ça ? » s’exclame Depardieu devant une méduse ou un phoque. L’ogre à une réputation à tenir et on n’est pas déçus. Les pourfendeurs de la modération seront bien loin de leur compte d’apothicaire dans cette série de 5 épisodes, tant l’amour des beaux produits, liquides ou solides, est ici débordant.

Les bonnes répliques fusent, certaines sont déjà cultes comme quand Gérard goûte une charcuterie basque : «Si les hosties étaient comme ça, on irait communier tous les dimanches».

Ou bien quand il raconte ce que voulait dire « passer à table » avec Gabin : « Il y avait d’abord une entrée, un pâté, puis un poisson, un saumon cuit à l’étouffé, puis un civet, quelques fromages, un café et un calva. Et après on allait tourner ! Aujourd’hui les types ils ne mangent plus, il n’y a qu’à voir à la TV, les mecs ils n’ont pas de ventre, c’est à se demander s'ils chient ». Evidemment on est loin du registre habituel et lisse des Petitrenaud, Andrieu et du sérieux académique et maniéré des chefs de M6. 

Mais le personnage Depardieu ne dépasse jamais les produits et les producteurs, il les sert au contraire. Et s’il engloutit tout ce qui passe devant lui, cuit ou cru, il sait aussi s’effacer pour mieux mettre en valeur les vrais sujets de ses escapades gargantuesques et éthyliques.

‘’Ce n’est pas un de ces trucs qu’on voit partout et qui pollue la télé! J’y parle de l’origine et de l’histoire des régions, de leurs bons produits, de ceux qui s’en occupent et permettent aux chefs ensuite de faire de bons plats’’.

Depardieu l’outre-mangeur, réussit ici l’exploit de parler sans détour et avec beaucoup de sensibilité de sa plus grande passion, la belle nourriture, trop souvent aseptisée sur le petit écran. Au détour de ces histoires, de ces paysages, des anecdotes truculentes et des souvenirs marquants, on comprend mieux le personnage et on a une furieuse envie de passer à table avec lui.

Les émissions sont à voir ou à revoir sur le site d’Arte


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