LA CHARCUTERIE EN ARLES

  • LA CHARCUTERIE EN ARLES

Avant de commencer cette chronique et de goûter à la joie de vous faire découvrir un nouveau bon plan, il convient de faire un point sur l’utilisation de notre chère langue française. Car un débat terrible eu lieu lors de notre traversée estivale du grand sud, en plein milieu de l’A64 entre Pau et Toulouse en direction des Bouches-du-Rhône et plus précisément de la ville d’Arles. Doit-on dire : « Nous allons à Arles ou en Arles » ? Que voulez-vous, on s’occupe comme on peut quand on a 6h de route devant soi...

Question primordiale pour ne pas faire de faux pas lors de notre première visite Camarguaise. Après avoir tourné autour du pot à coup d’explications douteuses et même stylistique : « La répétition de la voyelle est moche, on ne peut pas dire à Arles... », Internet coupa court au débat. La formule, « en Arles » a été employée durant des siècles de manière tout à fait justifiée. Il faut savoir qu’au IXème siècle, Arles fut un royaume, comme Avignon fut plus tard au XI- Vème siècle un état à part entière appartenant au Saint Siège et gouverné par un vice légat jusqu’en 1791. On résidait « en Arles » ou « en Avignon ». Depuis l’usage reste toléré même si il est teinté d’un brin de régionalisme voire de snobisme.

Très attachés à l’histoire de nos régions et snobs comme des pots de chambres à deux anses, nous savions sur quel pied danser en arrivant au mythique hôtel Nord Pinus en plein cœur d’Arles.

« Ce coin de roche » qui était la patrie d’Alphonse Daudet, se trans- forme en Août, alors que grouillent les touristes et les amateurs de photographie, en un enfer pour les chasseurs de bonnes tables. Trouver où expose un artiste et plus simple que de débusquer un endroit authentique où donner un bon coup de fourchette. D’autant qu’il fait chaud et que la soif commence à nous tordre le cou. Errants dans les rues comme des ventres en peine au milieu d’attrapes tou- ristes grossiers, le hasard, qui ne vient jamais seul, nous planta devant une enseigne : Restaurant la Charcuterie. Sur la petite terrasse que permet le minuscule trottoir de cette rue sinueuse, seulement deux tables occupées. Demandant au patron si une place pouvait se libérer dans la soirée, un client attablé, 75 ans au bas mot, se leva et nous offrit sa table : « Je suis né en Arles, cela fait des années que je dîne ici, ce soir c’est votre tour ! ». Confus devant une gentillesse devenue irréelle de nos jours, mais heureux d’un tel coup de chance, nous prîmes place devant ce lieu qui allait devenir bien plus qu’un restaurant, le centre névralgique de notre vie arlésienne. 

A peine installés, François, le taulier original de la Charcuterie, nous proposa en guise d’apéritif un spritzer pas très local mais qui calma notre soif et nous permis d’étudier la carte. Celle-ci est courte mais efficace. On opte pour un jambon à la truffe braisé, une broufade et quelques scampis en sauce, arrosés d’un délicieux Côtes du Rhône blanc d’une belle vivacité. Un joli morceau de tome d’Arles viendrait par la suite accompagner un merveilleux Saint Joseph.

La nuit continua dans le fracas des verres qui tintent et l’hospitalité de nos hôtes d’un soir nous amena à veiller tard. Il faut dire que François a une double vie, restaurateur le jour, la nuit il reprend du service, sur des toiles cette fois. Artiste multiforme très talentueux mais réservé, il nous permit, un verre de fine champagne à la main, de découvrir son atelier et ses œuvres. Jouer l’arlésienne est un art dont nous avons eu la chance de voir, le temps d’un songe en été, les contours.

A deux pas des arènes triomphante, se trouve un lieu où l’on respire encore l’ambiance et l’atmosphère d’une ville, Arles, qui accueillit avant les hordes de cars touristiques, des personnages haut en cou- leurs, de Lucia Bose, de Dominguin en costume blanc et or, à Cocteau et Picasso en cape noir...

François et sa femme tentent, sans vraiment y croire, de faire perdurer cet esprit, le souvenir fantasmé de cette ville mystérieuse où s’évadent encore des âmes en quête d’une douce folie.

Restaurant la Charcuterie
51 Rue des Arènes, 13200 Arles

0490965696 

   

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