Comment trinquer, ou l’art de porter un toast à travers le monde.

  • Comment trinquer, ou  l’art de porter un toast à travers le monde.

Chers amis, l’heure est grave.

Vous vous apprêtez à célébrer comme il se doit la fin de cette année, la naissance du petit Jésus, la Saint Sylvestre, et autres fêtes religieuses ou païennes communément appelées Noël. Et c’est bien légitime !
Mais il est fort à parier, qu’après avoir revêtu le magnifique pull-over, arborant un renne, offert par votre tante Monique, il faudra tout en la remerciant pour cette indispensable pièce de votre garde robe, trinquer avec elle et les autres convives. D’où vient cette étrange tradition de l’entrechoquement des verres ? Comment la pratiquer avec classe et élégance et quelles sont les subtilités de ce geste hautement symbolique à travers le monde ?

Pas de vacances pour le Pourboire, qui s’évertue à être le garde fou de vos dégustations les plus périlleuses.
Pourquoi trinque-t-on ?

D’où vient le mot « trinquer » ? Comme souvent c’est grâce aux origines étymologiques du mot que l’on trouve la source. Ce mot vient de l’allemand « trinken » qui veut dire boire. On imagine donc mal la traduction en Allemand de la fameuse chanson de Béranger : « D’abord nous trinquerons pour boire, Et puis nous boirons pour trinquer », mais c’est un autre débat.
L’origine du mot est donc germanique mais quand avons-nous commencé à trinquer et pourquoi ?
L’Encyclopædia Britannica fait remonter cette origine à l’antiquité : « La coutume de boire à la « santé » de la vie provient probablement de l’ancien rite religieux de boire en l’honneur des dieux et des morts.

Moyen Age. On a tous en tête ces images de grands banquets où nobles et seigneurs ripaillaient et festoyaient pleinement. On a quelque peu oublié qu’il était courant à l’époque de voir au cours de ces diners, certains convives littéralement s’écrouler la tête la première dans leur assiette, suite à un empoisonnement. Pour contrer ce fléau et la peur de se retrouver menacé par le contenu de son verre, il fut instauré une pratique visant à verser une petite quantité de sa coupe dans celle du voisin en les entrechoquant. Il fallait par la suite boire une gorgée les yeux dans les yeux pour vérifier si dans son regard on pouvait déceler une mauvaise intention. Aujourd’hui encore, même si le risque d’être empoisonné par un breuvage servi a quelque peu disparu, certains continuent d’exiger de trinquer les yeux dans les yeux.

Enquête sur l’art de faire « tchin-tchin » au pays du verre levé.

Du tintement des verres est né plus tard l’onomatopée « tchin-tchin » qui reste encore aujourd’hui utilisée par beaucoup avant de trinquer. Car à l’époque on trinquait en deux temps distincts : une première fois pour verser un peu du contenu de son verre dans celui du voisin et une seconde fois dans le sens inverse. Le bruit de la confiance résonnait alors deux fois. Les verres étaient faits de chopes en bois ou en métal, évidemment plus solide que le verre, on pouvait trinquer franchement et faire entendre son geste. On vous déconseille de remettre au goût du jour cette manière un peu brusque de boire surtout avec la verrerie en cristal de votre belle famille.
De nos jours on ne touche que légèrement le verre de l’autre qu’une seul fois mais on continue de dire deux fois « tchin ».

« A la santé du colonel ! »

On trinque habituellement au moment de formuler un vœu, un souhait, un engagement, un accord ou un hommage. On trinque aussi de plus en plus pour tout et n’importe quoi sans trop savoir pourquoi on le fait.
Les grandes occasions permettent de formuler un vœu, souvent à la santé de notre entourage. Rien de plus légitime pour nous autres simples mortels. Mais pourquoi donc le faire avec de l’alcool alors qu’un grand nombre de prohibitionnistes nous explique à longueur de journée que c’est dangereux pour notre organisme. Et bien sachez qu’au Moyen Age, nos ancêtres pensaient que s’enivrer était bon pour la santé. Nombreux le savent, boire à l’excès provoque des vomissements, ce qui, à l’époque, était signe de purification du corps. Le sommeil qui s’en suivait était lui aussi considéré comme réparateur. Evidemment les mœurs et les connaissances médicales ont bien évoluées depuis mais s’il faut raison gardée, on ne va quand même pas s’interdire d’avoir le verre levé ! Surtout tant que les méfaits de l’abstinence ne seront pas comptabilisés par nos statisticiens.

« J’aimerais porter un toast… »

Faire tinter son verre avec un couvert en fin de repas, se lever, et lever son verre pour porter un toast, fait aussi partie de nos rituels de fin d’année. Mais d’où vient cette expression ?

L’expression «porter un toast» remonte elle aussi à des temps anciens. Au XV ème siècle, on avait coutume de manger «une toastée» (comprenez une tranche de pain grillé) en guise d’amuse-bouche. Les Anglais, séduits par cette coutume, reprirent l’expression «porter un toast» en transformant le mot «toastée» en «toast».

Plus tard, ils inventèrent un jeu autour de la toastée. Quand un homme avait des vues sur une femme, il invitait tous ses amis à boire une coupe de vin dans lequel il jetait une toastée. Chacun buvait à tour de rôle laissant la dernière gorgée au galant qui dégustait la tranche de pain imbibée de vin à la santé de sa belle.

Aujourd’hui, on ne trinque plus uniquement à la santé des femmes (hélas!) mais à l’occasion de chaque événement joyeux. Rappelons-nous tout de même le fameux Toast de la cavalerie, cité par Jacques Chirac à Saumur : « A nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent. Par Saint Georges, Vive la cavalerie !

Comment dit-on trinquer en… ?

Voilà, vous êtes fin prêt pour affronter un marathon de célébrations. N’oubliez pas le sens figuré du mot « trinquer », en faisant attention au nombre de verres levés pendant les fêtes. La raison plus que la mesure, qui reste relative à chacun, doit être le garde fou de vos dégustations. On peut trinquer toute la nuit, sans trinquer le lendemain.

Bonnes fêtes à tous.

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