Peut-on recracher un vin et si oui comment le faire avec classe et élégance ?

  • Peut-on recracher un vin et si oui comment le faire avec classe et élégance ?

Chers amis, l’heure est grave.

Depuis que vous êtes abonnés au Pourboire vous progressez à vitesse grand V, et nous nous en félicitons. Votre soif insatiable de connaissance vous pousse à enchainer de plus en plus de dégustations pour parfaire votre palais de futur crack du vin, celui à qui on ne la fait pas !

Lors de ces dégustations vous avez dû remarquer d’étranges lavabos mobiles miniatures postés ici et là dans la pièce et vous vous demandez peut être à quoi diable cela peut-il bien servir. Vous êtes plutôt du genre à recracher les vins à l’intérieur et non à l’extérieur de votre corps et c’est bien légitime.    

Je vous entends déjà maugréer : « mais pourquoi devrait-on gaspiller un si bon breuvage le tout par un geste que nos chères mères nous ont toujours formellement interdit ? »

Ces interrogations sont bien fondées et nous sommes là pour y répondre…

S’il est absolument absurde de recracher les excellentes cuvées que nous vous envoyons chaque mois, il existe pourtant certaines situations où ces crachoirs deviennent d’utiles alliés :

1.     Votre corps a des limites :

Tout d’abord vous avez beau être vigoureux et n’avoir peur de rien, vous ne pourrez pas goûter tous les vins sans recracher et repartir indemne. Vous êtes un amoureux du vin pas un ignoble poivrot, et au-delà d’un certain nombre de vin à déguster, il faut devenir raisonnable, et cracher. Bien sûr à vous d’établir les limites à respecter, mais nous ne saurions que trop vous recommander de ne pas écouter les conseils d’hygiénistes réprobateurs du ministère de la Santé sous peine de finir comme eux à sombrer dans l’ennui et la morosité.

2.     Cracher pour mieux déguster

La dégustation est un art qui vous demande d’être alerte et en pleine possession de vos moyens. Pas question de troubler vos sens de perception en avalant un trop grand nombre de verres. Vos sens doivent rester en éveil pour déceler les qualités d’un vin, alors restez concentré et focus sur votre unique but : trouver de belles pépites que vous pourrez boire, et avaler cette fois, chez vous en savourant pleinement le fruit de votre travail et de votre abnégation !

3.     Le crachoir est votre ami, pas votre ennemi

Vous êtes un aventurier du ballon rouge mais il convient de prendre ses précautions. Vous ne connaissez pas tous les vins que vous allez déguster,  Le Pourboire n’est pas toujours à vos cotés pour vous guider dans vos tribulations viticoles et il est fort à parier que vous vous retrouviez en face d’un vin qui ne sied guère à votre palais. On connait l’histoire, le vigneron avait pourtant l’air sympathique derrière sa table de dégustation, son discours était charmant et vous vous êtes laissé tenter par sa cuvée spéciale. Si au nez vous aviez déjà détecté quelques arômes peu flatteurs, il est malheureusement trop tard pour faire un refus, vous devez sauter et mettre en bouche ce vin. Que faire alors de ce vin déplaisant ? L’avaler ? Vous risqueriez de faire une ignoble grimace et de mettre dans l’embarras le vigneron et les convives. Non, non, non, prenez sur vous en crachant avec élégance. Personne ne vous en voudra bien au contraire… Sur ce coup là le crachoir vous a bien sauvé la mise, reconnaissez-le

4.     Un beau crachat : signe extérieur de professionnalisme

Vous l’avez compris, recracher un vin peut vous être utile. Encore faut-il le faire avec classe. Et là ce n’est pas vers cette chère Nadine de Rothschild qu’il faut se tourner.

Très chers abonnés, l’art du crachat vineux n’est pas donné à tout le monde. Si beaucoup s’y essayent, la plupart ne prennent malheureusement pas suffisamment de précaution, font fi de tout entrainement et ne sont pas bien équipés pour affronter un crachoir. Tout comme on ne fait pas un 100 mètres haies en chaussures de ski après avoir fumé un paquet de Gitanes, cracher élégamment un vin demande un peu de préparation, quelques séances d’entrainement et un soupçon de conseils avisés.

Pour ne pas être le pauvre bougre au plastron tâché et au coin de bouche dégoulinant voici quelques prérogatives :

-       Tout d’abord, parlons de votre tenue. Evitez de préférence et au moins lors de vos premiers essaies en public de porter du blanc. Vous n’êtes pas à l’abri d’un raté et de toute évidence c’est votre chemise préférée qui va souffrir de votre maladresse. En plus d’une note de pressing vous aurez gagné d’être marqué au fer rouge pour le reste de la dégustation. Evitez les cravates. Celles-ci peuvent se transformer en véritable bavoir au moment de déglutir la petite gorgée de vin que vous étiez en train de déguster. Si ces bouts de tissu font partie intégrante de votre garde robe et représentent un signe extérieur de votre sérieux, indissociables de votre tenue, alors faites en sorte de garder votre veston boutonné pour éviter que votre fidèle cravate ne se ballade au gré de vos mouvements. Les pinces-cravates ne sont pas acceptées à moins que vous soyez pilote de ligne, militaire ou que celles-ci se retrouvent à la mode. Dans le bénéfice du doute, abstenez-vous.

-        Entrainez-vous au préalable ! Pour cela nous avons une astuce : chaque fois que vous vous brossez les ratiches, pensez au moment de vous vous rincer la bouche, à recracher l’eau comme si vous le faisiez dans une dégustation de vin. Prenez un peu d’eau en bouche (pas trop), tenez vous bien droit, puis faites pression sur vos joues, avancez votre bouche en position cul de poule, et envoyez un jet droit, net et précis en visant le trou de votre évier. Répétez l’opération plusieurs fois et n’hésitez pas à varier la distance à laquelle vous vous tenez de l’évier pour tester la longueur de votre jet et votre capacité à ne pas laisser couler les dernières gouttes sur votre sol ou pire votre menton.

-       En public, privilégiez toujours, la sécurité. Un crachat simple et maitrisé vaut mieux qu’une tentative fougueuse et trop ambitieuse. Vous n’êtes pas là pour amuser la galerie alors ne tentez pas le diable en vous essayant à des prouesses techniques au dessus de vos moyens. Laissez ce côté m’as-tu vu à d’autres, ils finiront par se brûler les ailes en commettant un faux pas.  Votre discrétion et votre constance seront sur le long terme la plus grande marque de votre élégance.

Ca y est vous êtes fin prêt ! Alors élancez-vous dans une dégustation avec le panache et la candeur qui vous caractérisent. Salivez à l’idée de découvrir de nouveaux crus sans avoir peur du qu’en dira-t-on de votre façon de déglutir en public. Vous êtes chaud et vous le savez mais tâchez tout de même de ne pas en faire trop et restez humble face au crachoir qui peut à tout moment vous jouer des tours embarrassants.

Le mois prochain, le guide du savoir boire revient avec un nouveau chapitre : comment ouvrir une bouteille alors que vous vous êtes égaré sans votre plus fidèle allié : votre tire-bouchon ?

Santé à tous !

Newsletter

PayPal

LePourBoire 22 rue du cloitre saint merri 75004 PARIS Tlphone : 09 81 98 44 70